En cette Journée internationale du Sommeil, comment ne pas parler du lien entre écrans et sommeil ?
Parmi tous les sujets étudiés, l’impact négatif des écrans sur la qualité et la quantité de sommeil est l’un des plus solides et documentés. En pratique, les stimulations numériques retardent l’endormissement, et en général, l’heure du réveil, elle, ne recule pas ! Résultat : un déficit qui s’accumule jour après jour, pour toute la famille.
Pourquoi le soir est-il si difficile ?
Se préparer au sommeil, c’est entrer dans un moment de vulnérabilité. Pour les enfants, cela peut être la peur de l’obscurité (ou du monstre sous le lit), et pour les adultes, le monstre prend plutôt le visage d’un mail urgent, d’une to-do à rallonge ou d’une dispute par message. Au-delà des tracas du quotidien, pour beaucoup de parents, accompagner l’endormissement peut aussi réactiver des souvenirs d’enfance douloureux.
Dans ce contexte, l’écran apparaît souvent comme une solution : il capte l’attention, apaise en surface, et met le cerveau « sur pause ». C’est un mécanisme compréhensible, mais qui n’est pas sans conséquences pour les petits comme les plus grands.
Mon enfant ne s’endort pas sans dessin animé : que faire ?
C’est une situation fréquente, que vous rencontrez peut-être déjà. Ne pas pouvoir s’endormir sans usage d’un écran est une situation difficile qui crée un cercle vicieux.
Pourquoi ? Les manifestations de grande excitation au moment du coucher sont souvent plutôt un signe de fatigue : l’enfant a besoin de l’aide d’un adulte pour réguler ce débordement d’énergie, et cela peut devenir une source de conflit et de stress au quotidien. Le dessin animé avait semblé une bonne idée au départ, car corporellement cela semble apaiser l’enfant. Néanmoins, il mettra plus de temps à s’endormir, sera plus fatigué, et donc plus excité au moment du coucher le lendemain.
Résultat ? L’impression qu’il a besoin d’un dessin animé et que l’écran est indispensable se renforce, etc.
Alors comment faire ?
- Remplacer l’écran par un contenu audio : les podcasts et histoires pour enfants (souvent gratuits) offrent le même sentiment d’accompagnement, sans la lumière bleue ni la stimulation visuelle.
- Instaurer une routine stable : c’est l’un des leviers les plus efficaces pour le sommeil des jeunes enfants. Une séquence prévisible (bain, pyjama, histoire, lumière tamisée…) réduit le stress du coucher pour l’enfant… et pour le parent.
- Retirer l’écran de la chambre : les experts du monde entier sont unanimes sur ce point.C’est la première mesure à prendre quand on ne sait pas par où commencer.
- Consulter si besoin : si vous observez de véritables troubles du sommeil, ne pas attendre. Un professionnel peut aider à dénouer la situation avant qu’elle ne prenne de l’ampleur.
Et pour les parents aussi : s’autoriser à changer progressivement.
Si vous reconnaissez votre propre usage des écrans le soir, pas de panique : vous n’êtes pas condamné à devenir un zombie. Dans un premier temps, l’idée est de reconnaître que l’endormissement n’est pas toujours un moment agréable et comprendre pourquoi. Ensuite, varier les stratégies (lecture, podcast, respiration) pour trouver d’autres formes d’apaisement. À terme, s’en passer complètement est évidemment la solution la plus saine, mais la réalité est plus nuancée, et si j’arrive à faire régulièrement un peu différemment, ce sera déjà un grand pas !
Bonne nuit !
Cet article a été rédigé par Coraline Schoenacker, psychologue clinicienne et membre du comité d’experts de l’OPEN.