Parler des femmes dans les espaces numériques engage à questionner la place des femmes dans les espaces publics hors numérique.

En effet, malheureusement pourrions-nous dire, les mondes numériques reflètent et prolongent les enjeux du masculin et du féminin bien plus anciens et classiques.

Prenons quelques exemples.

La place des femmes dans le numérique peut être abordée en regardant ce qui se passe dans les jeux vidéo. En réalité, c’est à peu près la même question que celle rencontrée dans la culture médiatique populaire qui va nous animer. Si, dans les années 1970, Laura Mulvey a proposé le concept du male gaze (le « regard masculin »), relatif aux représentations de genres montrées à l’écran, 50 ans plus tard, nous pouvons nous poser les mêmes questions : ce n’est que récemment que des personnages féminins ont eu des rôles principaux dans les jeux vidéo, pas seulement des femmes passives, mais qui participent à la narration. C’est le cas notamment du personnage d’Elie ou d’Abby dans The Last of us 2, Max ou Alex dans The life is strange ou encore de Aloy, jeune chasseuse, dans Horizon : Zero Dawn.

La place des femmes peut également être pensée du côté des réseaux sociaux et de l’exposition massive de corps souvent rattachés aux stéréotypes de genre, aux standards de beauté attendus chez les femmes. Les algorithmes, par les effets de biais qu’ils impliquent, favorisent évidemment la diffusion et l’amplification de ces normes implicites, rendant les jeunes adolescentes vulnérables. C’est ce qui a été montré par le dernier rapport de l’ANSES (2026), qui précise les risques de leur confrontation aux bulles algorithmiques pouvant entraîner comparaison et dévalorisation de soi.

Les conseils de l’OPEN 

  • Éduquer au genre a sa place tant dans les espaces numériques que dans les espaces hors ligne. Ce sont les adultes, parents et éducateurs, qui sont les garants de cette éducation
  • Comprendre le fonctionnement des constructions sociales, des algorithmes, repérer les communautés d’internet, redonne le pouvoir sur les contenus auxquels sont exposés les jeunes, filles et garçons. C’est ce qui permet de lutter contre les stéréotypes voire les extrémismes tel le masculinisme.
  • Attention, il ne faut pas négliger le girl power. Si le numérique influence la construction de l’identité et le bien-être des filles, l’impact n’est pas univoque : adolescente et femmes adultes peuvent construire de nouveaux discours s’éloignant des aspirations normées.

Cet article a été rédigé par Marion Haza-Pery, psychologue clinicienne et Présidente de l’OPEN.