Avec ses univers colorés et créatifs, Roblox séduit des millions d’enfants. Pourtant, derrière son apparence ludique, cette plateforme soulève de sérieuses inquiétudes. Sarah El Haïry, haute-commissaire à l’Enfance, a récemment tiré la sonnette d’alarme en qualifiant Roblox de « repaire de pédocriminels ».

Un réseau social déguisé en jeu vidéo

La particularité de Roblox ? Ce n’est pas qu’un simple jeu, mais un véritable espace d’interactions sociales où enfants et adultes peuvent communiquer librement via une messagerie intégrée.

C’est précisément cette dimension qui échappe souvent aux parents : là où vous surveillez peut-être Instagram ou TikTok, Roblox passe sous le radar parce qu’il est perçu comme un jeu anodin.

Pourtant, les chiffres parlent d’eux-mêmes : 46 % des utilisateurs quotidiens ont moins de 13 ans, et environ 20 % commencent à y jouer avant 9 ans. Des millions d’enfants sont donc potentiellement exposés à des adultes malveillants qui utilisent les messageries privées pour gagner leur confiance, puis tenter d’obtenir leurs coordonnées sur d’autres réseaux.

Des contenus créés par les utilisateurs, impossibles à contrôler

Sur Roblox, chacun peut créer ses propres « expériences de jeu ». Parmi les millions d’univers disponibles, certains contiennent des scènes inappropriées : des espaces simulent des hôtels où des avatars adoptent des poses suggestives, d’autres font référence à des prédateurs réels ou permettent de simuler des agressions.

Contrairement aux jeux vidéo classiques, Roblox ne dispose d’aucune classification PEGI claire, privant ainsi les parents de repères pour évaluer les risques.

Quelles réponses face à ces risques ?

Face à cette situation préoccupante, Sarah El Haïry propose plusieurs mesures :

  • Interdire l’accès aux moins de 13 ans, comme pour les réseaux sociaux
  • Créer des zones sécurisées où seuls les enfants peuvent interagir entre eux
  • Renforcer drastiquement la modération (intelligence artificielle et humaine) pour surveiller les échanges

En attendant, quels bons réflexes adopter ?

  • Dialoguer régulièrement avec votre enfant sur ses activités en ligne
  • Vérifier les paramètres de confidentialité et désactiver les messageries avec des inconnus
  • Accompagner les plus jeunes dans leurs premières sessions de jeu
  • Rappeler qu’on ne partage jamais d’informations personnelles en ligne

Cet article a été réalisé par l’OPEN pour le n°473 de « La voix des Parents » dans le cadre de notre partenariat avec la PEEP. Découvrez les autres rubriques.